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Avec elles ou par elles, on en aura bien vite fini avec les pavillons noirs, leurs ennemis mortels, qu'il faudra bien disperser, même en en recevant quelques-uns à merci, s'ils ne se dispersent d'eux-mêmes dès qu'ils sauront que nous sommes décidés à agir vigoureusement.
Il est probable que l'occupation de Tonkin est, dès ce moment, un fait accompli. La politique d'Hué sera d'éviter toute résistance, sauf à rêver d'un retour offensif, sauf aussi essayer de fomenter plus tard des troubles autour de nous. C'est pour lui enlever toute espérance qu'il est bon de renforcer le corps d'occupation et de maintenir sur le fleuve une police active. Notre premier soin devra être au surplus de former des milices Tonkinoises, qu'on recrutera facilement soit au moyen d'engagements volontaires, soit en les recrutant comme se recrutent les milices en Cochinchine. L'élève Hautefeuille avait réussi en bien peu de temps à former ces milices, auxquelles on pourra confier plus tard la défense de leurs pays et qui pourront, en attendant, être d'un grand secours, en nous permettant de diminuer rapidement nos effectifs.
Le Gouvernement déclare dans le projet qu'il se propose de confier la haute administration à un commissaire général civil... C'est bien connaître l'esprit de ces peuples qui accordent aux fonctionnaires civils un respect qu'ils ne donnent jamais aussi complètement aux mandarins militaires. La Commission a fait connaître à M. le Ministre des Affaires étrangères que cette partie du programme avait son adhésion, elle a recueilli avec satisfaction l'assurance qui lui a été donnée qu'il n'y serait pas dérogé.
Prenant acte de cette déclaration, la Commission a cru devoir en faire un article spécial du projet de loi. M. le Ministre des Affaires étrangères est chargé du choix de ce fonctionnaire qui, dans la pensée de la Commission, ne saurait être nommé trop rapidement.
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N. 1889
Sous la haute protection de la France et par les conseils de ce fonctionnaire élevé, auquel seront adjoints, s'il le faut, quelques collaborateurs, les Tonkinois pourront être appelés à s'administrer eux-mêmes, et être substitués aux mandarins annamites le plus rapidement possible.
Cette organisation tentée par M. Hautefeuille avait bien réussi pour le jeune officier et nul doute qu'elle n'eût donné de bons résultats si l'œuvre de Garnier avait été continuée. En Cochinchine, on n'a pas procédé autrement (et c'était un pays conquis); la circulaire de M. Chasseloup-Laubat disait en effet, « que les fonctionnaires annamites étaient maintenus et devaient continuer à agir sous la haute surveillance des fonctionnaires français. »
L'administration du Tonkin devra, il est inutile de le dire, être indépendante de celle de la Cochinchine; mais il sera bon, au point de vue de l'unité de l'action française, de conserver au gouverneur de la Cochinchine la situation qu'il a eue jusqu'à ce jour auprès du roi d'Annam.
Les impôts au Tonkin pourront s'élever de 80 à 100 millions, si on prend pour base la Cochinchine. On n'atteindra pas tout de suite ce chiffre élevé, qui ne paraît du reste pas nécessaire. Les revenus, régulièrement perçus par des fonctionnaires suffisamment rétribués, iront au Trésor et ne se perdront pas en route. La douane qui rapporte actuellement 1 million, rendra plus du double, lorsqu'on aura supprimé les fraudes nombreuses commises ou favorisées par les mandarins, lorsque la sécurité des ports et du fleuve, lorsque la liberté du commerce, auront multiplié les échanges, le trafic, et amené dans le commerce une augmentation de mouvement, évaluée par un de nos consuls, à plus de 250 millions par an. Il est dès lors vrai de dire que le crédit demandé par le Gouvernement n'est qu'une avance dont on sera remboursé à brève échéance. Le gouvernement de Cochinchine est bien placé assurément pour juger de la valeur de cette appréciation; le conseil colonial n'a pas hésité à sortir de sa caisse de réserve une somme de 4 millions pour payer à l'Espagne ce qui restait dû à cette puissance de l'indemnité de guerre, prévue au traité de 1862. Il a accepté de se rembourser par la
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Avec elles ou par elles, on en aura bien vite fini avec les pavillons noirs, leurs ennemis mortels, qu'il faudra bien disperser, même en en recevant quelques-uns à merci, s'ils ne se dispersent d'eux-mêmes dès qu'ils sauront que sommes décidés à agir vigoureusement.
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Il est probable que l'occupation de Tonkin est, dès ce moment, un fait accompli. La politique d'Hué sera d'éviter toute résistance, sauf à rêver d'un retour offensif, sauf aussi essayer de fomenter plus tard des troubles autour de nous. C'est pour lui enlever toute espérance qu'il est bon de renfor- cer le corps d'occupation el de maintenir sur le fleuve une police active. Notre premier soin devra être au surplus de former des milices Tonkinoises, qu'on recrutera facilement soit au moyen d'engagements volontaires, soit en les recru- tant comme se recrutent les molas en Cochinchine. L'élève Hautefeuille avait réussi en bien peu de temps à former ces milices, auxquelles on pourra confier plus tard la défense de leurs pays et qui pourront, en attendant, être d'un grand se- cours, en nous permettant de diminuer rapidement nos ef- fectifs.
Le Gouvernement déclare dans le projet qu'il se propose de confier la haute administration à un commissaire géné- ral civil... C'est bien connaître l'esprit de ces peuples qui accordent aux fonctionnaires civils un respect qu'ils ne don- nent jamais aussi complètement aux mandarins militaires. La Commission a fait connaître à M. le Ministre des Affaires étrangères que cette partie du programme avait son adhésion, elle a recueilli avec satisfaction l'assurance qui lui a été don- née qu'il n'y serait pas dérogé.
Prenant acte de cette déclaration, la Commission a cru devoir en faire un article spécial du projet de loi. M. le Ministre des Affaires étrangères est chargé du choix de ce fonctionnaire qui, dans la pensée de la Commission, ne sau- rait être nommé trop rapidement.
Sous la haute protection de la France et par les conseils de ce fonctionnaire élevé, auquel seront adjoints, s'il le faut,
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N. 1889
quelques collaborateurs, les Tonkinois pourront être appelés à s'administrer eux-mêmes, et être substitués aux mandarins annamites le plus rapidement possible.
Cette organisation tentée par M. Hautefeuille avait bien réussi pour le jeune officier et nul doute qu'elle n'eut donné de bons résultats si l'œuvre de Garnier avait été continuée. En Cochinchine, on n'a pas procédé autrement (et c'était un pays conquis); la circulaire de M. Chasseloup-Laubat disait en effet, « que les fonctionnaires annamites étaientmaintenus et devaient continuer à agir sous la haute surveillance des fonctionnaires français. »
L'administration du Tonkin devra, il est inutile de le dire, être indépendante de celle de la Cochinchine; mais il sera bon, au point de vue de l'unité de l'action française, de conserver au gouverneur de la Cochinchine la situation qu'il a eue jusqu'à ce jour auprès du roi d'Annam.
Les impôts au Tonkin pourront s'élever de 80 à 100 mil- lions, si on prend pour base la Cochinchine. On n'atteindra pas tout de suite ce chiffre élevé, qui ne paraît du reste pas nécessaire. Les revenus, régulièrement perçus par des fonc- tionnaires suffisamment rétribués, iront au Trésor et ne se perdront pas en route. La douane qui rapporte actuellement 1 million, rendra plus du double, lorsqu'on aura supprimé les fraudes nombreuses commises ou favorisées par les man- darins, lorsque la sécurité des ports et du fleuve, lorsque la liberté du commerce, auront multiplié les échanges, le trafic, et amené dans le commerce une augmentation de mouve- ment, évaluée par un de nos consuls, à plus de 250 millions par an. Il est dès lors vrai de dire que le crédit demandé par le Gouvernement n'est qu'une avance dont on sera remboursé à brève échéance. Le gouvernement de Cochinchine est bien placé assurément pour juger de la valeur de cette apprécia- tion; le conseil colonial n'a pas hésité à sortir de sa caisse de réserve une somme de 4 millions pour payer à l'Espagne ce qui restait dû à cette puissance de l'indemnité de guerre, prévue au traité de 1862. Il a accepté de se rembourser par la
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